En ce moment même, combien de Françaises se préoccupent de la « dégringolade » de notre pays ?
Et pourtant, c'est justement à l'heure où notre identité nationale se perd que nous devons être d'autant plus soudées et formées.
Afin que cette identité puisse ressusciter.
Dans un pays en ordre, où les lois, les mœurs, etc. portaient au Bien, il était moins nécessaire de se former de façon pointue, dans la mesure où il était naturel pour chacun d'agir à son poste.
Maintenant, c'est différent. Par les médias et un étalage incroyable de corruption, tout nous pousse au désordre, à la révolte, à l'anarchie : « par une propagande absolument incompatible avec notre civilisation ou même les lois de la nature ». Aussi, il va être d'autant plus crucial pour nous de nous armer pour défendre notre héritage de Françaises et de Chrétiennes ; ceci notamment afin de pouvoir le transmettre, en essayant dans la mesure de nos moyens d'entraîner les autres dans cette remontée à contre-courant.
Tel est le but de l'UJF. Dans cette lutte de survie, de contre-révolution, il est naturel que les femmes prennent une part active en étudiant particulièrement les sujets qui touchent la Femme (son rôle social, ses missions, l'éducation, l'avortement, le libéralisme,…)
Un sujet particulièrement important est celui de la connaissance des titres que le monde veut nous ôter ou pervertir : ce sont nos trois titres de FEMMES, de CHRETIENNES et de FRANCAISES.
« Trois noms, trois titres, trois auréoles. Comme femme, vous avez un cœur d'or ; comme chrétienne, vous avez le bien inestimable de la Foi ; comme française, Dieu vous a donné un tempérament spécial fait de bravoure et de bonté », affirmait un missionnaire apostolique (l'abbé Baeteman).
Trois titres qui, s'ils sont portés avec honneur, nous font accomplir des merveilles. Mais, s'ils sont dénaturés, c'est une contribution à l'avancée du pays vers sa perte.
La femme, cible n°1 de l'Ennemi.
L'ennemi va prendre la Femme comme cible n°1, car il a grand avantage à la faire tomber. Pourquoi ? Parce que si la femme tombe, la famille s'effondre ; et comme la famille est la cellule de base de la société, la société ne va pas tarder à tomber aussi.
Comment l'ennemi va-t-il s'y prendre ?
Il va détourner la Femme de sa mission. Ainsi, il va faire sortir systématiquement l'épouse de son foyer pour qu'elle travaille à l'extérieur. Qui va alors éduquer les enfants ? Les questions qu'un enfant se pose (et elles sont nombreuses !), à qui les posera-t-il si sa mère n'est pas là pour y répondre ?
Attention, quelqu'un se chargera de la réponse. Ce seront justement ceux qui oeuvrent à la déstabilisation de notre pays. Ils oeuvreront à travers les garderies, la télévision, l'école athée auxquelles l'enfant sera soumis. Il ne recevra pas de formation mais plutôt une déformation.
Et puis, le Monde va inculquer à la Femme un tel esprit de matérialisme qu'elle voudra avoir le moins d'enfants possible : c'est fatiguant, dans une société ou l'on a le culte du moindre effort, et c'est réputé mauvais pour la silhouette !
On dit que le métier de femme au foyer cumule plusieurs emplois à plein temps.
Mais combien l'ont rempli avant nous, sans avoir l'impression d'accomplir là un acte héroïque. Parce qu'elles savaient donner sans compter, par amour.
Différence et complémentarité. L'égalitarisme.
Une grande manœuvre de l'ennemi pour détourner la Femme, c'est de vouloir la rendre égalitaire. C'est le grand mensonge que les médias vont seriner sans cesse. Le monde va vouloir dresser la Femme en concurrent de l'Homme ; il fait croire que les différences qui existent entre l'Homme et la Femme signifient qu'il y a concurrence entre eux, voire opposition. Or, Dieu a créé l'Homme et la Femme différents, non pour qu'ils soient concurrents ou opposés, mais pour être complémentaires. Une complémentarité magnifique ou chacun s'épanouira, pour son bien propre et celui de la société.
Au contraire, l'égalitarisme provoquera le chaos. C'est un peu comme si on voulait que dans le corps humain, le cerveau et le cœur soient égaux ! Ils sont différents en vue de remplir leur fonction propre.
Le plus bel exemple d'ordre, bien sûr, nous est donné par la Sainte Famille. La Vierge Marie, en dignité et en sainteté, l'emportait sur Saint Joseph. Et pourtant, c'était lui le chef de famille. Et Jésus « leur était soumis », alors qu'Il est leur Dieu !
« Femme, immense à ce titre est votre puissance ».
Pour rétablir la vérité face au mensonge de l'égalitarisme, il est bon de relire cette belle définition de ce qu'est la Femme :
« Dieu a pris la substance dont il devait former la femme, sur le cœur de l'homme. Il ne l'a pas tirée de sa tête, parce qu'elle n'est pas faite pour la domination. Il ne l'a pas tirée de ses pieds, parce qu'elle n'est pas faite pour la servitude et le mépris. Il l'a prise sur son cœur, parce qu'elle est faite pour aimer et être aimée. » (St Thomas d'Aquin, Somme théologique I, Question XCI, art III).
Quel parti la Femme doit-elle tirer de cette disposition que certains appellent « puissance redoutable et douce » ?
Mgr Dupanloup posait la question :
« Si dans la femme il y a de tels dons d'esprit, de cœur, d'âme et de caractère, de telles puissances, de tels trésors sont-ils là pour y rester enfouis et stériles ?
Ce cœur, cette intelligence, cette merveilleuse puissance d'aimer, d'admirer, de se dévouer, cette sagesse prudente, ces dons de l'esprit et du caractère, cette force dans la faiblesse, cette énergie morale étonnante, tout ce que Dieu, enfin, a donné à la femme, n'indique-t-il pas la mission bénie qu'elle doit remplir dans le monde ? »
Et là, nous touchons à la mission de la Femme :
« La mission inspiratrice dévolue à la femme est une mission privée. Elle s'accomplit dans le sanctuaire de la société domestique, dans les confidences, dans l'effusion des âmes, dans la famille, dans l'amitié, dans l'infortune même. La prédication de la femme sera moins retentissante mais plus pénétrante. La grande voix qui annonce à la vérité à travers les siècles, se compose de deux voix : à celle de l'homme appartient les tons éclatants et majeurs ; celle de la femme s'exhale en tons mineurs, voilés, onctueux, dont le silence ne laisserait à l'autre voix que la rudesse de la force » (Mgr Gerbet).
« Voilà pourquoi si l'homme est la force qui s'impose, la femme est l'autorité qui se fait aimer ».
C'est ainsi que l'on a pu observer : « chose curieuse, la plupart du temps, le mari n'agira pas s'il ne sent sa femme le soutenir : c'est souvent poussé par l'énergie féminine qu'il a le courage de certaines de ses déterminations ».
Puisque l'influence de la femme est si grande, on comprend l'importance qu'il y a pour elle à former son jugement et à avoir beaucoup de « bon sens ». D'où la nécessité d'être « objective », c'est-à-dire de tenir compte des réalités et non des impressions. C'est le contraire de l'égoïsme.
L'esprit subjectif ou « égoïste » est celui qui est tourné sur lui-même. Il devient le centre du monde et examine toute chose en fonction de ce centre-là. Il regarde ses maladies, ses contrariétés, ses istoires, passées… et ne s'intéresse à personne. Il s'ensuit un climat de tristesse surprenant. L'abbé Baeteman écrivait à des jeunes filles :
« la tristesse n'est pas de votre âge. On la comprendrait sans l'approuver, chez un vieillard plus ou moins meurtri par les secousses de la vie. Mais, à vingt ans, vous devez être une fleur réjouissante à la vue et non pas un sombre cyprès. Quel louable motif auriez-vous d'entrer dans ce qu'on a appelé la confrérie des « saules pleureurs » ? Quand on voit une jeune fille triste, on est souvent en droit de se demander si elle est bien à ses devoirs »…
La tristesse n'est par ailleurs pas dans notre tempérament national !
Ce que la France doit à la femme chrétienne.
Encore faut-il que cette grande influence de la Femme soit tournée vers le bien. Et c'est là qu'intervient notre deuxième titre : celui de chrétiennes.
« Le titre de chrétienne ajoute à la jeune fille ce que la lumière du jour ajoute à la fleur, elle la fait resplendir. »
Oui la femme doit se souvenir qu'elle est chrétienne, car elle peut être « un glaive à deux tranchants, la meilleure ou la pire des choses, un instrument de vie ou un instrument de mort. On peut dire encore que la femme est pareille à la flamme ; vertueuse, elle éclaire, réchauffe et réjouit ; perverse, elle éblouit, brûle et dévaste » (Cf Eve et Notre-Dame).
Voyons ce que le titre de chrétienne a apporté à la Femme.
« « Le christianisme donna à l'homme, au lieu d'une esclave, une compagne. Et l'intensité de la foi chrétienne a eu pour mesure la dignité reconnue à la femme. C'est en elle que la Religion trouva l'intelligence la plus ouverte, la générosité la plus prête aux sacrifices ; c'est souvent par elle - transformée la première - qu'elle s'imposa à l'homme (cf l'influence de sainte Clotilde dans la conversion des Francs).
Non seulement la femme a été l'ouvrier de la première heure, mais à mesure que le christianisme prenait une possession plus pleine de la société, la société faisait une place plus haute à la femme ; et l'influence de la femme rendait l'homme meilleur. »
Et l'on voit, à travers l'histoire, la dignité de la femme monter ou décliner selon que monte ou décline la Foi !
Quelle foi intense n'avait-on pas à l'époque de la chevalerie ! Aussi, la femme d'alors était devenue la « dame » aux genoux de qui le chevalier s'inclinait avant de prendre part à un tournoi ou de partir pour les Croisades !
La femme avait bien compris que le Christ lui apportait la réhabilitation et l'honneur. Aussi, la vit-on s'enthousiasmer pour Celui qui lui offrait cette liberté et lui apportait ce secours. » (Etienne Lamy, la Femme de demain).
On a pu alors constater la prodigieuse influence de la Femme Chrétienne et ses effets bénéfiques, sur la France et bien au-delà.
Si l'on voulait fouiller l'histoire, on verrait qu'au commencement de toutes les grandes époques religieuses, plane une forme mystérieuse, presque céleste, sous la figure d'une sainte !
Ce fut sainte Hélène qui, au sortir des catacombes, donna à l'ancien monde romain la croix par elle retrouvée.
Ce fut sainte Clotilde qui la déposa dans le berceau français du monde moderne et qui, en convertissant son « fier Sicambre », amena la Gaule à la Foi.
Ce fut sainte Geneviève qui sauva Paris et peut-être la France.
Ce fut sainte Monique qui nous donna saint Augustin.
Ce fut sainte Jeanne d'Arc, petite pastourelle des marches de Lorraine qui « bouta dehors » l'envahisseur et sauva son pays !
Et ainsi de suite, à travers les âges !
Et avec ces illustres femmes, la foule des anonymes qui ont rempli leurs différents devoirs avec abnégation.
Voltaire, que ce phénomène étonna, ne fut-il pas obligé d'avouer que « la moitié de l'Europe doit aux femmes son christianisme, » et qu'un célèbre socialiste s'écriait : « Là où sera la femme, là sera la victoire ! »… » (Abbé Baeteman)
Le tempérament de la Française
Femme, chrétienne… Et voici qu'arrive notre troisième titre : nous sommes Françaises !
Chaque peuple a reçu des dons particuliers qui forment sa physionomie spéciale. Dieu, sachons le reconnaître, a eu pour notre pays une prédilection marquée.
« Qu'est-ce que la France ?
La France ? Mais c'est le paradis des braves – le plus beau pays après le ciel ! – c'est le cœur et le cerveau du monde – la terre des grands sursauts de l'humanité – terre de foi, de chevalerie et pour cela terre de résurrection. La France ? Mais c'est « la race illustre, construite de la main de Dieu, forte par les armes, fidèle dans ses alliances, pleine de grâce et de franchise » (loi salique).
La France ? Mais c'est le pays « qui a toujours de l'or pour les malheureux et du sang pour son Dieu ! Qui ne touche aux abîmes que pour remonter aux étoiles » (Mgr Touchet).
La France ? Mais c'est « la race éprise d'idéal, qui met le droit au-dessus de l'intérêt, qui se laisse naïvement conduire par son cœur et pas son amour de la justice, qui s'élance sans calculer, follement parfois, généreusement toujours ». (P. Coubé)
La France ? Enfin, c'est le pays dont a pu dire : « qu'il est né d'une prière sur un champ de bataille. Aussi, ce qui la fait tressaillir, c'est le beau, le grand, le noble, jamais l'intérêt, toujours le dévouement et l'honneur » (Mgr Bougaud).
C'est sans doute pour cela qu'elle a fait des folies, mais on nous l'a assez reproché pour que nous puissions en être fiers.
Ce qui la caractérise, elle qu'un illustre américain, durant la guerre, appelait « le doux cœur du monde » c'est la passion du dévouement. Elle prête son épée, elle donne son or, oubliant toujours, quand il s'agit de régler ses comptes, tout le sang héroïque qu'elle a versé.
L. Gauthier dépeint d'un mot le type du chevalier : « il écoute partout si l'on crie : au secours ! »
Telle est la France ; noble et dévouée, et dévouée parce que chrétienne.
« C'est l'Evangile qui fit de la France une nation puissante, illustre par son génie, sa foi et ses magnifiques entreprises. Cet Evangile est, pour ainsi dire, dans notre sang ; il y reste malgré nous ; contrefait, mutilé, déshonoré, on l'y reconnaît encore, et son influence se manifeste jusque dans nos erreurs. » (L. Veuillot)
Les éléments du caractère français
Le caractère français, dit Mgr Bugaud, se compose de quatre éléments incomparables. D'abord, à l'origine, une goutte de sang gaulois, je ne sais quoi de gai, de vif, de railleur, ce que l'on a si bien appelé : le sel gaulois, l'alouette gauloise.
L'alouette ! Vous savez ? Ce quelque chose de gai, de vif, de léger, qui monte en chantant dans la lumière !
Ensuite une goutte de sang romain. C'est la solidité, le bon sens, la droiture, la clarté, ce qui a fait notre langue, notre droit, notre magistrature.
En troisième lieu, une goutte de sang franc. C'est de là que vient notre épée, la francisque rapide, sûre de son coup, invincible, qui est devenue plus tard la baïonnette, la véritable arme française.
Et enfin le sang chrétien. Le sang du Calvaire, le sang du sacrifice et d dévouement, le sang qui bouillonne dans nos veines, quand nous voyons le droit violé, la faiblesse outragée, l'honneur méprisé ; comme ce vieux roi notre aïeul qui, entendant le récit de la Passion, s'écriait : que n'étais-je là avec mes Francs !
Voilà pourquoi, jeune fille, vous avez en vous de la pitié, de la douceur, de l'enthousiasme. Vous avez, à la suprême puissance, le don de vous attendrir et celui de vous enflammer. Il vous faut au cœur une passion, un amour. Ayez la passion du dévouement, ayez l'amour de Dieu et du prochain, des âmes surtout. Alors, vous passerez dans le monde comme une traînée de lumière, comme un sourire du ciel.
Fille de France ! Quel titre ! C'est le vôtre ! Dieu vous a inondé de ses grâces de choix. La France vous a donné tout le parfum et le trésor de ses vertus nationales. Ayez à cœur de rester vous-même la Française dignement fière et noblement généreuse. » (Abbé Baeteman).
Conclusion
Nous avons un modèle de choix en notre héroïne nationale, Sainte Jeanne d'Arc. A nous de réaliser sous son étendard le « type français » qu'elle a si parfaitement incarné, en portant avec honneur les trois titres de Femme, Chrétienne, Française.
Malgré la difficulté de sa mission, Sainte Jeanne d'Arc gardait cet espoir « quand ils seraient pendus aux nues, nous les aurons ! ».
Nous aussi, que rien ne puisse nous arracher à notre mission ; cette mission, dont on a pu dire qu'elle est « aussi importante pour son pays que celle des gouvernants qui préparent la paix ou la guerre », car si les femmes « se soustrayaient à leur devoir, aucun corps d'état ne pourrait survivre, puisque ce sont elles qui sont chargées d'assurer le recrutement national de façonner l'âme de la Patrie ».
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