La coquetterie est-elle permise ?

 

La première propension que la jeune fille doit maîtriser chez elle est celle qui la porte à se parer.
Une femme naît coquette. Il est inutile d’insister sur la constatation de ce fait, par trop évident, que le sexe féminin aime tant à s’embellir que facilement il y consacrerait le meilleur de son existence.
Au fond, cette tendance, si universellement marquée, n’est pas mauvaise en soi, ni même inutile. Elle a été providentiellement déposée dans le cœur de la femme pour l’aider à remplir la fonction dont elle est chargée. C’est pourquoi si la jeune fille veut user comme il faut de la toilette, elle doit auparavant en avoir compris le rôle et l’importance.

Aussi les mères, soucieuses de leur mission, s’empresseront de donner à leurs filles des convictions capables de diriger leur conduite sur ce point.
Il faut d’abord répéter à la jeune fille ce principe dont elle ne sera jamais assez pénétrée, « que la femme est créée pour être épouse et mère ». Le goût de la parure devra, comme toutes les autres tendances, s’exercer dans la mesure où il servira au but pour lequel est constitué le sexe féminin.
Or n’y contribue-t-il pas grandement ? Le Bon Dieu ayant voulu que la condition de la maternité fût l’union matrimoniale, il est dans l’ordre que la jeune fille cherche à attirer sur elle les regards d’un jeune homme qui l’épousera ; de son côté le jeune homme est en quête d’indices qui le mettront sur la trace d’une jeune fille capable de faire son bonheur. Quelles marques l’avertiront tout d’abord qu’il se trouve peut-être en présence de sa future fiancée ? Il ne faut pas se le dissimuler, ce seront habituellement les charmes extérieurs. Un jeune homme qui ne connaît rien encore de l’intime d’une jeune fille, sent, dans une rencontre, que ses regards sont attirés par une attitude réservée, une toilette d’un goût parfait, distinguée sans affectation ; il constate que vraiment cette mise tranche sur celle de tant de ses compagnes qui n’ont ni la même élégance, ni la même décence, ni la même simplicité.

On voit tout de suite l’importance que prend dans une vie féminine le soin de la parure. Les charmes extérieurs doivent être, en effet, la traduction pour les yeux des qualités intérieures. Ils sont l’enseigne de la maison. Celle qui veut se marier le fera savoir, sur le ton voulu, par son attitude et son costume. Il lui est permis de chercher à plaire. Celle qui a renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, sacrifiera dans la mesure des convenances, les ornements qui ne lui siéent plus.
La recherche de l’élégance, pourvu qu’elle soit détachée d’un égoïste désir de vanité personnelle et dirigée vers l’obtention d’un but louable, ne peut être que bénie par Dieu. Nous en avons d’illustres exemples. Judith, avant de se présenter devant Holopherne, le général ennemi qu’elle veut subjuguer, s’habille magnifiquement. L’Ecriture Sainte nous la décrit revêtue de ses plus beaux atours, parée de colliers et de bracelets, portant sur la tête une majestueuse coiffure… Puis l’auteur sacré conclut par cette parole significative : « A cette femme ainsi ornée Dieu conféra la splendeur. »
Quand, pour sauver son peuple, Esther prétendit à la dignité d’épouse d’Assuérus et de reine, elle manifesta à la fois son mépris des vanités et son juste désir de plaire. En effet, nous dit l’Ecriture,  « elle ne demanda rien pour se parer, mais elle laissa l’eunuque Egée, gardien des jeunes filles, lui donner pour sa toilette ce qu’il jugeait devoir l’orner ».

Toutes les fois que la femme, en travaillant à s’embellir, poursuit non sa mesquine satisfaction, mais une noble finalité, par exemple devenir épouse, plaire à un fiancé, plus tard à son mari, ou être utile à ses enfants, elle accomplit un acte qui est méritoire dans la mesure de la perfection de l’intention.
A chacun sa manière d’être. Saint François de Sales dit : «  Autres sont les vertus d’un prélat, autres celles d’un prince… autres celles d’une femme mariée ». De même qu’un évêque ne doit pas vivre en chartreux, de même une future épouse aurait tort de s’habiller en bonne sœur. Elle donnerait l’impression que la piété est une vertu anti-maternelle et anti-familiale ; au contraire, s’il est bien compris, l’esprit chrétien, loin d’être triste et funèbre, doit aider dans l’ordre voulu par Dieu à l’expansion la plus heureuse de la vie.


Sources :
- Extraits de  « Futures Epouses », de Ch. Grimaud.